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  • Effet des arrêtés municipaux anti-prositution à Toulouse

    Informations issues de la conférence de Grisélidis du 25/03/2026

    Description et contexte des arrêtés municipaux

    Loi de 2016

    La loi de 2016 a mis à jour de nombreux aspects de la vie des TDS :

    • Reconnaissance du viol sur une prostituée comme une circonstance aggravante
    • Dispositifs d’aide pour les personnes souhaitant sortir de la prostitution ou victimes de traite d’êtres humains
    • Suppression du délit de racolage
    • Pénalisation des clients

    Depuis cette loi, de nombreuses municipalités sortent des arrêtés pour remettre le délit de racolage.

    Arrêtés municipaux à Toulouse

    Depuis 2014, la mairie de Toulouse a publié chaque année un nouvel arrêté municipal contenant de nombreuses rues dans lesquelles il est interdit de faire du racolage. Le périmètre d’interdiction s’agrandit tous les ans.

    L’arrêté dit spécifiquement que les personnes se prostituant n’ont pas le droit de rester en stationnement (c’est à dire debout…) ou de faire des aller-retours répétés dans les rues concernées, sans délimitation d’horaires.

    Voici la carte des rues concernées par l’arrêté municipal de 2025 :

    https://framacarte.org/fr/map/arrete-municipal-prostitution-toulouse_228014

    Raisons invoquées par la mairie

    La mairie se base sur les plaintes des riverains concernant :

    • Des ralentissements de la circulation, causés par les arrêts des clients
    • Des nuisances sonores liées à des insultes, des claquements de portière de voiture….
    • Des déchets (capotes usagées, mouchoirs, protections périodiques)
    • La proximité d’écoles

    En raisons qui ne sont pas invoquées officiellement, la perte des valeurs immobiliers dans des zones de travail de prostituées a pu passer dans la balance.

    Application des arrêtés municipaux

    Dans l’application, les associations remarquent une absence de vérification du racolage. Elles ont plusieurs exemples de TDS se faisant verbaliser pour simple promenade dans les zones interdites.

    Elles remarquent aussi un effet quota, avec plus de verbalisation en fin de mois. Une même personne peut avoir jusqu’à 5 amendes par nuit. Les procès verbaux des policiers sont souvent pré-remplis, signe que les amendes sont mises à la chaîne. Si la personne visée n’est pas en situation de racolage, les keufs vont essayer de les pousser à commettre des outrages à agent, ou vont se servir d’infraction mineures pour quand même les verbaliser (traverser la rue hors du passage piéton, au feu rouge…).

    Cette traque des TDS a aussi pour but de trouver des sans-papiers. Si les contrôles d’identité ne peuvent se faire qu’en situation d’infraction (ou dans des périmètres restreints dans l’espace et dans le temps décidés par des OPJ), cet arrêté permet, en situation de racolage, de contrôler l’identité de quelqu’un. En cas d’absence de papiers, c’est direction garde à vue (et toutes les mesures qui peuvent suivre en cas de situation irrégulière…)

    Les personnes verbalisées ne reçoivent généralement que l’amende majorée, et pas la contravention initiale de 35€.

    Effets des arrêtés sur les prostituées

    Un mémoire très détaillé écrit par Alice Mantel sur le sujet est disponible sur le site de Grisélidis

    Violences, viols, risques pour la santé

    Les putes, poussées vers les zones moins fréquentées de la ville, sont plus sujettes aux violences et viols. Les zones sont en effet moins éclairées, moins fréquentées. Face à l’absence de clients, elles sont parfois contraintes d’accepter des situations à risque (pas de préservatifs, relation directement chez le client).

    Conséquences sociales, précarisation

    Les amendes s’accumulant au cours du temps, certaines personnes finissent avec plusieurs milliers d’euros d’amende.

    Même pour des personnes souhaitant arrêter de se prostituer, la situation est très complexe. Ouvrir un compte en banque, régulariser ses papiers, ça implique d’avoir toutes ces amendes qui retombent. On assiste donc à un enfermement dans des situations irrégulières, alors même que la loi de 2016 visait à accompagner les personnes souhaitant arrêter de se prostituer.

    En cas de contestation d’amendes, si la police de rie pas au nez de la personne déposant le recours, il y a des refus de traiter le dossier car le juge refuse l’aide d’un interprète.

    Fin des arrêtés

    Le STRASS (Syndicat du TRAvail Sexuel) a attaqué en justice à deux reprises les arrêtés pris par la mairie de Toulouse (ceux de 2023 et 2024). Si les affaires n’ont toujours pas été jugées, le STRASS a demandé en 2025 un référé pour mettre en pause les arrêtés jusqu’au jugement des recours de base. La juge a refusé, priorisant la tranquilité des riverains, et soutenant que l’affaire n’était pas urgente.

    Au niveau de la mairie, les arrêtés doivent être réédités tous les ans. Certains partis (RP, LFI) s’engagent à pousser vers leur arrêt (à voir).

    Alternatives

    Si l’objectif principal est évidemment d’aller vers une légalisation de la prostitution comme en Belgique, des initiatives locales sont possibles au niveau de la mairie, ce qui permettrait une plus grande sureté pour les TDS et la fameuse tranquilité des riverains.

    Notamment, l’installation de toilettes publique à plus d’endroits, un meilleur éclairage des rues, plus de poubelles, des distributeurs gratuits de préservatifs et de protections périodiques.

    Plus largement, pour la santé et les droits des prostituées, l’installation de centres de soin et d’accès au droits, une mise à disposition de logements pour les personnes en ayant besoin. Un meilleur accès aux interprètes dans les dépots de plainte.

    Le comité de quartier de Belfort a également engagé des discussions avec les prostituées pour permettre une meilleure compréhension des besoins des deux cotés, ce qui a permis une meilleure acceptation de la prostitution.

    Accompagner les prostituées (étudiantes)

    Pour éviter au maximum un isolement et un endettement des prostituées, il est important de les rediriger vers les associations d’entraide et de soin communautaire, comme Grisélidis. Par exemple, en distribuant des tracts, en mettant des affiches au SIMMPS ou dans les halls des bâtiments.

    Informer sur les zones interdites et distribuer des capotes permet d’éviter à des étudiantes parfois nouvellement arrivées à Toulouse de se faire avoir. De nombreuses prostituées n’étant pas francophones, il faudrait mettre en accès des ressources dans d’autres langues (au moins anglais).

    Les personnels du SIMMPS sont en théorie formé-es sur la question, mais ça ne souterait rien de vérifier qu’iels disent pas n’importe quoi.

  • Jour 2 à la maison des toc-toc et comment un rendez-vous chez le psychiatre devrait se passer

    CW : Psychiatrie

    Bonjour bonjour !

    Bon, hier mon psychiatre est passé pendant l’heure du repas (grr) et genre j’ai eu une illumination : après quatre an à aller chez le psychiatre pour qu’on me mette plus d’antidépresseurs, alors que mon généraliste peut très bien le faire tout seul, je me suis rendue compte qu’en fait ils avaient un vrai métier.

    Alors petit déroulé, histoire que vous aussi, vous sachiez comment peut se passer un bon rendez-vous chez un psychiatre ! J’en profiterai pour expliquer pourquoi à mon humble avis, c’est un peu comme ça que devrait être la norme.

    Alors la première chose qu’il a fait, c’est reprendre tous les dossiers psychiatriques auxquels il avait accès avec moi. Il les a pas juste relu dans son coin : il m’a fait vérifier chaque chose qu’il y avait dedans, pour voir si j’étais d’accord, si les choses s’étaient bien passé comme c’était écrit, si j’avais eu des problèmes quelconques avec les docteurs précédents, et s’ils m’avaient bien expliqué tout ce qu’ils avaient pu écrire dan sleur compte-rendu. Enfin quelqu’un qui ne prend pas pour aquis toute la merde que d’autres médecins ont écrit sur moi boudiou !

    Par défaut, je fais pas trop confiance aux médecins. Même s’ils ont souvent l’air très sympas (et encore…), ils peuvent écrire un peu ce qu’ils veulent sur votre dossiers, qu’ils passent ensuite à leurs autres potes médecins, qui gobent tout ce qu’il y a dessus sans que vous ayez trop votre mot à dire, et c’est encore pire depuis MonEspaceSanté. Pouvoir reprendre un par un tout ce qu’on ait jamais dit sur moi, c’est plutôt agréable, surtout que j’ai pu ajouter des détails qui n’avaient pas été notés. J’ai aussi pu corriger des trucs qui étaient activement faux dessus.

    Ca créé un vrai lien de confiance : il s’est plus attaché à ce que je lui ai dit qu’à ce que les autres ont pu dire. Ca m’a aussi remis la mémoire un peu en place (j’ai des gros soucis de mémoire, c’est assez difficile de replacer les événements dans le temps, et j’oublie des tonnes de trucs).

    Ensuite, on a pu discuter tranquillement de mon traitement, je lui ai expliqué tous les effets secondaires que j’avais, mes craintes liées aux benzodiazépines, tout ça tout ça. Il m’a tout expliqué, le fonctionnement des médicaments, les effets secondaires communs, la différence entre les antidépresseurs et les régulateurs d’humeur d’un point de vue chimique. Et en plus, comme j’adore lire plein de trucs sur internet, et bah ça concordait avec ce que je savais, donc je suis contente ! Parce que franchement, les médecins qui se calent sur les dosages et les effets secondaires qui étaient d’usage quand ils ont fait leurs études (souvent il y a 30-40 ans, soyons honnêtes), bah c’est relou, à la fin t’as l’impression de mieux connaitre leur travail qu’eux.

    En parlant de dosage : il m’a dit qu’on allait doser les médicaments que je prends. C’est-à-dire qu’on va me faire une prise de sang, et regarder si ils sont à une dose efficace. Bah ouais, parce que tout le monde absorbe pas les molécules pareil, et qu’une dose efficace pour quelqu’un, c’est pas forcément la même pour quelqu’un d’autre (même si sur la notice y’a écrit que c’est 100 mg et c’est tout). Or souvent, quand un médicament marche pas, jusque là j’ai vu deux réflexes : l’arrêter (alors qu’il est peut-être sous-dosé ?) ou augmenter la dose (alors qu’il est peut-être bien dosé et est juste pas efficace pour ma pathologie ?). Alors que ça se vérifie en une prise de sang, mais bon, ça va plus vite de changer un chiffre sur une ordonnance hein.

    Au niveau des dosages des benzodiazépines (anxiolytiques et somnifères qui ont de forts effets d’accoutumance et des éffets sédatifs), il m’a laissé faire le choix seule, en m’expliquant ce qu’il recommandait, les effets qu’il pourrait y avoir si je décide de prendre plus, ou moins que ce qu’il a préconisé. Comme j’ai un passif avec ces médicaments, ça me stress un peu de prendre les doses standards, en plus je suis très réceptive donc ça me sédate énormément. J’ai décidé d’en prendre la moitié de ce qu’il m’a proposé. Pour le moment, je suis un peu dans les vapes, je verrai dans quelques jours si je m’y habitue ou s’il faut encore baisser la dose. L’avantage, c’est que comme j’ai aucune responsabilité ici, c’est pas très grave si je suis pas à 100% de mes capacités.

    Niveau diagnostic, on me soupçonne un trouble bipolaire avec quelques phases hypomaniaques. Il m’a fait des petits schémas pour m’expliquer ce qu’était la maladie, les différences avec la dépression, et les perspectives d’évolution. Surtout, il a dit qu’on allait mener une enquête, pour pouvoir exclure toute maladie similaire à coté desquelles on aurait pu passer. Du jamais vu pour moi !

    La dernière chose très cool, c’est qu’il m’a donné des perspectives. Déjà, à partir de la semaine prochaine, je pourrai demander des journées de permission pour aller voir mes amis sans trop de soucis. Il m’a aussi donné des idées de comment allait évoluer mon traitement (notamment comment on allait diminuer mes anti-dépresseurs, l’objectif de durée des benzos). Il m’a même dit que je pourrai probablement sortir d’ici 3 ou 4 semaines ! Ca me rassure par rapport à ma voisine de chambre ici depuis 5 mois…

    CW : Drogue

    Et là, le sujet qui fache : le cannabis. Je suis une consommatrice régulière, surtout pour faire des grododo.

    Si j’ai jamais eu de gros soucis à en parler avec des médecins de confiance, soit on me disait que c’était mal (ce qui est vrai, mais incomplet, et ça donne pas trop de socutions), soit on me disait rien du tout (ce qui est mieux, mais le cannabis pose quand même quelques problèmes qui peuvent être difficilement réglés en les ignorant).

    Là, la première chose qu’il a fait, c’est m’expliquer les effets du THC sur le cerveau. Ca parait bête comme ça, mais en vrai je me suis jamais trop renseignée là-dessus, et aucun médecin m’avait fait de topo. Il m’a dit que effectivement, le cannabis marche bien, en tant que médicament contre les angoisses et les insomnies. Mais comme la chimie du cerveau est modifié, qu’on a de l’accoutumance et que les doses sont pas standard (au fil du temps on en met plus sans trop s’en rendre compte…), c’est vachement plus difficile à arrêter.

    Là l’objectif, c’est que j’en prenne plus du tout pendant mon séjour ici et qu’on remplace par des benzos, dont on peut controler facilement la dose, qui ont des effets similaires sur le cerveau, et qui sont plus controlables pour arrêter. De toute façon, les drogues hors médicaments et tabac sont interdites, donc je pense pas avoir trop le choix.

    Je trouve ça vraiment bien de pas avoir plongé tout de suite dans l’extrême de “c’est pas bien !”, et surtout d’avoir pris le temps de savoir : dans quels contextes j’en prends, pourquoi, comment remplacer. C’est quand même plus efficace que de dire d’arrêter.

    Bon ben voilà, après y’a eu plein de trucs, j’me suis fait des potes, mais ce sera pour un autre post héhé !

    Post Sciptum

    Un ami qui a lu ce post m’a dit que c’était probablement une conséquence de ne pas être en libéral, puisqu’il n’y a pas de tarification à l’acte. Effectivement, le psychiatre est resté avec moi bien 45 minutes, alors qu’en libéral un rendez-vous dure environ 15-20 minutes. L’absence de norme de patients à voir dans la journée, et le salariat du médecin doit bien aider à une meilleure prise en charge.

    En bref : à quand plus de maisons de santé, plus d’hopitaux, et la transformation des médecins en fonctionnaires (avec une meilleure rémunération des étudiant’es, une charge horaire moins élevé, un nombre de patients par médecins plus réaliste…). Vive la fin du capitalisme, youpi !

    Fediverse reactions
  • Je m’ennuie donc je raconte ma life à l’hopital psychiatrique

    CW: psychiatrie

    Bon bah en gros je viens d’arriver à l’HP, et j’m’ennuie grave, donc je vais raconter ma life ici avant de probablement oublier.

    J’suis quelqu’un de 22 ans qui a laché ses études plusieurs fois, est en dépression sévère et j’vis avec ma meuf et un coloc, et j’en avais marre de les faire chier avec ma dépression (je sais que je les fais pas chier gnagnagna) donc j’ai demandé à ma psychiatre de me faire hospitaliser. De toute façon j’allais de nouveau plus en cours, j’allais pas rater grand chose.

    J’ai fait un exam médical depuis ce matin, je fais que trainer sur mon PC, il se passe rien, et comme j’suis giga anxieuse j’ai trop peur d’adresser la parole à qui que ce soit. Au lieu d’aller me faire des potes je vais trainer plus sur mon PC.

    En tant que giga pauvre, j’ai pris une chambre à deux. La meuf avec moi doit avoir la cinquantaine, elle est là depuis 5 mois. Ca me fait grave flipper parce que je veux pas rester là 5 mois. Elle m’a filé une clope et est gentille, même si elle pisse la porte ouverte. On peut pas être parfait, puis au fond c’est pas bien grave.

    Donc voilà, là mon cerveau est vide, j’suis giga déprimée parce que je suis toute seule, je crois même que je préfererais être en cours au milieu des bolosses de droite fans de crypto qu’on retrouve un peu partout en informatique. J’ai hyper envie de rentrer chez moi, mais d’après une infirmière c’est parce que tout le monde est en vacances qu’il se passe rien, ça devrait aller mieux lundi.

    Je devrais voir un psychiatre aussi, mais il est surbooké. Je devais le voir ce matin, il est 17h. Bon. On m’a dit que des fois il faisait ses consultations à 20 (20 ?!) heures, donc je dois attendre jusque là.

    Point positif cependant : il y a une option végé au self (youpi !)