CW : Psychiatrie
Bonjour bonjour !
Bon, hier mon psychiatre est passé pendant l’heure du repas (grr) et genre j’ai eu une illumination : après quatre an à aller chez le psychiatre pour qu’on me mette plus d’antidépresseurs, alors que mon généraliste peut très bien le faire tout seul, je me suis rendue compte qu’en fait ils avaient un vrai métier.
Alors petit déroulé, histoire que vous aussi, vous sachiez comment peut se passer un bon rendez-vous chez un psychiatre ! J’en profiterai pour expliquer pourquoi à mon humble avis, c’est un peu comme ça que devrait être la norme.
Alors la première chose qu’il a fait, c’est reprendre tous les dossiers psychiatriques auxquels il avait accès avec moi. Il les a pas juste relu dans son coin : il m’a fait vérifier chaque chose qu’il y avait dedans, pour voir si j’étais d’accord, si les choses s’étaient bien passé comme c’était écrit, si j’avais eu des problèmes quelconques avec les docteurs précédents, et s’ils m’avaient bien expliqué tout ce qu’ils avaient pu écrire dan sleur compte-rendu. Enfin quelqu’un qui ne prend pas pour aquis toute la merde que d’autres médecins ont écrit sur moi boudiou !
Par défaut, je fais pas trop confiance aux médecins. Même s’ils ont souvent l’air très sympas (et encore…), ils peuvent écrire un peu ce qu’ils veulent sur votre dossiers, qu’ils passent ensuite à leurs autres potes médecins, qui gobent tout ce qu’il y a dessus sans que vous ayez trop votre mot à dire, et c’est encore pire depuis MonEspaceSanté. Pouvoir reprendre un par un tout ce qu’on ait jamais dit sur moi, c’est plutôt agréable, surtout que j’ai pu ajouter des détails qui n’avaient pas été notés. J’ai aussi pu corriger des trucs qui étaient activement faux dessus.
Ca créé un vrai lien de confiance : il s’est plus attaché à ce que je lui ai dit qu’à ce que les autres ont pu dire. Ca m’a aussi remis la mémoire un peu en place (j’ai des gros soucis de mémoire, c’est assez difficile de replacer les événements dans le temps, et j’oublie des tonnes de trucs).
Ensuite, on a pu discuter tranquillement de mon traitement, je lui ai expliqué tous les effets secondaires que j’avais, mes craintes liées aux benzodiazépines, tout ça tout ça. Il m’a tout expliqué, le fonctionnement des médicaments, les effets secondaires communs, la différence entre les antidépresseurs et les régulateurs d’humeur d’un point de vue chimique. Et en plus, comme j’adore lire plein de trucs sur internet, et bah ça concordait avec ce que je savais, donc je suis contente ! Parce que franchement, les médecins qui se calent sur les dosages et les effets secondaires qui étaient d’usage quand ils ont fait leurs études (souvent il y a 30-40 ans, soyons honnêtes), bah c’est relou, à la fin t’as l’impression de mieux connaitre leur travail qu’eux.
En parlant de dosage : il m’a dit qu’on allait doser les médicaments que je prends. C’est-à-dire qu’on va me faire une prise de sang, et regarder si ils sont à une dose efficace. Bah ouais, parce que tout le monde absorbe pas les molécules pareil, et qu’une dose efficace pour quelqu’un, c’est pas forcément la même pour quelqu’un d’autre (même si sur la notice y’a écrit que c’est 100 mg et c’est tout). Or souvent, quand un médicament marche pas, jusque là j’ai vu deux réflexes : l’arrêter (alors qu’il est peut-être sous-dosé ?) ou augmenter la dose (alors qu’il est peut-être bien dosé et est juste pas efficace pour ma pathologie ?). Alors que ça se vérifie en une prise de sang, mais bon, ça va plus vite de changer un chiffre sur une ordonnance hein.
Au niveau des dosages des benzodiazépines (anxiolytiques et somnifères qui ont de forts effets d’accoutumance et des éffets sédatifs), il m’a laissé faire le choix seule, en m’expliquant ce qu’il recommandait, les effets qu’il pourrait y avoir si je décide de prendre plus, ou moins que ce qu’il a préconisé. Comme j’ai un passif avec ces médicaments, ça me stress un peu de prendre les doses standards, en plus je suis très réceptive donc ça me sédate énormément. J’ai décidé d’en prendre la moitié de ce qu’il m’a proposé. Pour le moment, je suis un peu dans les vapes, je verrai dans quelques jours si je m’y habitue ou s’il faut encore baisser la dose. L’avantage, c’est que comme j’ai aucune responsabilité ici, c’est pas très grave si je suis pas à 100% de mes capacités.
Niveau diagnostic, on me soupçonne un trouble bipolaire avec quelques phases hypomaniaques. Il m’a fait des petits schémas pour m’expliquer ce qu’était la maladie, les différences avec la dépression, et les perspectives d’évolution. Surtout, il a dit qu’on allait mener une enquête, pour pouvoir exclure toute maladie similaire à coté desquelles on aurait pu passer. Du jamais vu pour moi !
La dernière chose très cool, c’est qu’il m’a donné des perspectives. Déjà, à partir de la semaine prochaine, je pourrai demander des journées de permission pour aller voir mes amis sans trop de soucis. Il m’a aussi donné des idées de comment allait évoluer mon traitement (notamment comment on allait diminuer mes anti-dépresseurs, l’objectif de durée des benzos). Il m’a même dit que je pourrai probablement sortir d’ici 3 ou 4 semaines ! Ca me rassure par rapport à ma voisine de chambre ici depuis 5 mois…
CW : Drogue
Et là, le sujet qui fache : le cannabis. Je suis une consommatrice régulière, surtout pour faire des grododo.
Si j’ai jamais eu de gros soucis à en parler avec des médecins de confiance, soit on me disait que c’était mal (ce qui est vrai, mais incomplet, et ça donne pas trop de socutions), soit on me disait rien du tout (ce qui est mieux, mais le cannabis pose quand même quelques problèmes qui peuvent être difficilement réglés en les ignorant).
Là, la première chose qu’il a fait, c’est m’expliquer les effets du THC sur le cerveau. Ca parait bête comme ça, mais en vrai je me suis jamais trop renseignée là-dessus, et aucun médecin m’avait fait de topo. Il m’a dit que effectivement, le cannabis marche bien, en tant que médicament contre les angoisses et les insomnies. Mais comme la chimie du cerveau est modifié, qu’on a de l’accoutumance et que les doses sont pas standard (au fil du temps on en met plus sans trop s’en rendre compte…), c’est vachement plus difficile à arrêter.
Là l’objectif, c’est que j’en prenne plus du tout pendant mon séjour ici et qu’on remplace par des benzos, dont on peut controler facilement la dose, qui ont des effets similaires sur le cerveau, et qui sont plus controlables pour arrêter. De toute façon, les drogues hors médicaments et tabac sont interdites, donc je pense pas avoir trop le choix.
Je trouve ça vraiment bien de pas avoir plongé tout de suite dans l’extrême de “c’est pas bien !”, et surtout d’avoir pris le temps de savoir : dans quels contextes j’en prends, pourquoi, comment remplacer. C’est quand même plus efficace que de dire d’arrêter.
Bon ben voilà, après y’a eu plein de trucs, j’me suis fait des potes, mais ce sera pour un autre post héhé !
Post Sciptum
Un ami qui a lu ce post m’a dit que c’était probablement une conséquence de ne pas être en libéral, puisqu’il n’y a pas de tarification à l’acte. Effectivement, le psychiatre est resté avec moi bien 45 minutes, alors qu’en libéral un rendez-vous dure environ 15-20 minutes. L’absence de norme de patients à voir dans la journée, et le salariat du médecin doit bien aider à une meilleure prise en charge.
En bref : à quand plus de maisons de santé, plus d’hopitaux, et la transformation des médecins en fonctionnaires (avec une meilleure rémunération des étudiant’es, une charge horaire moins élevé, un nombre de patients par médecins plus réaliste…). Vive la fin du capitalisme, youpi !
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